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(JPG) La langue de terre, séparant la baie de Fort-de-France et le bassin du Carénage, fut l’un des sites naturels choisis, pour recevoir, d’un côté, les moyens de défense et de sécurité et, de l’autre, les navires au mouillage. C’est au fond de la magnifique baie, immense et lumineuse, d’un dessin exquis, qu’une ville, sortie des marécages, allait prendre place jusqu’au littoral de la mer. Elle allait s’appeler Fort-Royal.

Devenue Fort-de-la-République à partir de 1792, date de la proclamation de la République en France, elle devait définitivement prendre le nom de Fort-de-France en 1802 sous le Consulat. C’est en 1804, telle une Ville-Capitale, qu’elle allait vivre, en sa vaste savane, devant une foule considérable de spectateurs, le souvenir de la fête du couronnement de l’Empereur. On le voit : c’est à travers l’histoire que semble s’accomplir peu à peu l’union de la Colonie et de la France. C’est que le colonialisme et l’esclavage ont, pendant toutes ces périodes, imprimé l’une et l’autre d’un ordre de façade qui allait s’effondrer en 1848. Quelle évolution et quelle destinée allait connaître désormais Fort-de-France dans la phase de libération qui s’ouvre ?

De 1848 à 1946, date d’apparition du concept d’outre-mer, Fort-de-France continue d’évoluer au rythme de la législation élaborée depuis Paris, selon une politique centralisatrice fondée sur la thèse de l’assimilation. A partir de la loi de départementalisation du 19 Mars 1946, puis du décret du 26 Avril 1960 sur l’harmonisation des législations, la Ville-Capitale, sous la férule de son maire, le poète, dramaturge et chantre de la négritude, Aimé CESAIRE, se lance dans une politique davantage fondée sur la reconnaissance des spécificités locales, en matière de développement social, culturel, et économique.
C’est ainsi que Fort-de-France devient le territoire d’accueil de tous les Martiniquais victimes de la crise économique, liée notamment à la fermeture des usines sucrières et rhumières. D’où une croissance démographique de plus en plus soutenue, à partir des années 1950-1956, dans une Ville-Capitale dont la population s’est accrue considérablement. Il a fallu mettre en place à la hâte des infrastructures d’accueil et de vie (logements, écoles, transports, communications) dans des quartiers périphériques de Fort-de-France (Rive-Droite Levassor, Trénelle, Dillon, Volga-Plage) pour offrir aux nouveaux habitants un cadre et des conditions de vie acceptables.
Préfecture et capitale administrative, Fort-de-France rassemble les sièges des services de l’état et des assemblées locales, ainsi que les principales activités culturelles.
Aujourd’hui Fort de France est à la fois un centre-ancien et une cité qui s’inscrit dans la modernité, mais toujours par rapport au respect de l’environnement, au respect de la nature et de l’homme.

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