Le début des années 1860 correspond aux premiers pas de l’industrialisation de la Martinique : c’est à cette
période que s’installent dans l’île des institutions de crédit qui vont permettre l’implantation et le développement des « usines centrales », spécialisées dans la fabrication du sucre. L’économie de la Martinique est alors fortement dépendante du sucre et du rhum, qui représentent près de 90 % de ses recettes -d’exportation.
En 1946, avec la départementalisation, on assiste à une
élévation progressive du pouvoir d’achat des Martiniquais. A la fin des années 1960, la baisse du prix du
sucre, sur les marchés internationaux, va provoquer une crise de production qui verra la disparition progressive des usines centrales. La culture de la banane se développe alors, prenant le relais de la canne à sucre dans la production agricole et dans les exportations.
Dans la seconde moitié des années 1970, le secteur
industriel de la Martinique entame un développement basé
sur le principe de la substitution aux importations. Ce
phénomène d’industrialisation sera renforcé dès le début des années 1980, avec une augmentation des investissements et des créations d’entreprises.
Un secteur essentiel pour l’économie locale
Les chiffres illustrent le poids du secteur industriel dans notre économie :
133 entreprises qui emploient plus de 4.200 personnes et
réalisent un chiffre d’affaires annuel d’environ 935 millions d’euros !
L’industrie martiniquaise regroupe huit secteurs
d’activités :
Agroalimentaire
Ameublement
Bateaux et accessoires pour autos
Chimie et Matières plastiques
Energie
Imprimerie/Papier/Bois
Matériaux de construction
Travail des métaux
Longtemps spécialisé dans l’agro-industrie, le secteur
industriel local s’est diversifié progressivement face à la
nécessité de fabriquer sur place des produits jusqu’alors
importés.
Parmi les secteurs en pleine croissance, c’est celui des
« matériaux de construction » qui occupe la première place, en affichant le deuxième chiffre d’affaires de l’industrie, après l’agro-alimentaire.
Le secteur « ameublement » connaît lui aussi une évolution
importante depuis quelques années avec l’apparition de
nouveaux produits et de nouvelles techniques, pour la
fabrication de meubles, de cuisines, salles de bains,
placards, mobiliers de bureau, etc.
Le secteur du « travail des Métaux » connaît lui aussi un
développement important, avec deux activités principales : la fabrication de menuiseries et de fermetures métalliques, et la fabrication de constructions métalliques.
Une industrie combative mais fragile
L’industrie martiniquaise est récente, si l’on excepte les usines sucrières du XIXe siècle. Ce n’est, en effet, qu’à la fin des années 1960 que se développent de nouvelles unités industrielles. Un développement qui s’est accentué avec les différentes lois de défiscalisation.
L’industrie de la Martinique relève au quotidien le défi de la performance et de l’excellence. Au coeur de la stratégie de l’entreprise industrielle, la satisfaction du client est le point de convergence des nombreuses étapes allant de la valorisation de la matière première à la mise
sur le marché du produit fini.
Néanmoins, l’étroitesse du marché local et l’insularité sont autant de facteurs pénalisants pour ces entreprises qui doivent s’orienter vers de nouveaux marchés, en particulier le bassin caribéen qui a permis à certaines activités de développer des exportations ou parfois
d’implanter des établissements, et les marchés européens friands de produits exotiques.
Préparer l’avenir
L’année 2005 s’est achevée sur une impression mitigée selon les secteurs et sur un optimisme plus ou moins mesuré pour l’avenir.
En effet, le secteur industriel local est confronté à des enjeux importants, tels que, notamment, l’évaluation par les autorités de la Loi-Programme, en particulier en ce qui concerne les exonérations de charges sociales et la défiscalisation, deux outils indispensables au maintien de la dynamique de l’industrie locale.
La préparation des Programmes Opérationnels pour la période 2007-2013 (ex DOCUP) qui mettent en oeuvre les fonds structurels européens et visent à renforcer l’efficacité de l’aide régionale est un autre des
principaux enjeux de l’industrie locale, car il s’agit de mettre en place la maquette financière des investissements dans l’industrie pour les années à venir (investissements matériels, aides aux transports de matières premières et de produits finis, outils de financement...).
L’industrie de la Martinique, si elle est fragile, n’en demeure pas moins combative et dynamique.
D’année en année, on le voit notamment en matière
d’investissements, les efforts que doivent consentir nos entreprises industrielles pour rester compétitives face à l’importation sont de plus en plus importants.
Beaucoup d’exigences concourent en effet à maintenir
cette compétitivité : le prix des produits bien sûr, mais aussi la qualité, l’adéquation aux attentes du consommateur, la modernisation des organisations et des procédés, la formation des hommes, le dialogue social, le
respect de l’environnement, ...
Suite de l’article : AMPI : valoriser les Produits de l’Industrie Locale